Le contribuable continuera à payer les retraites des 43 500 agents de la RATP
Depuis les lois de décentralisation d’août 2004, le conseil régional d’Ile de France, entre autres nouvelles compétences, doit prendre en charge la responsabilité des transports de la région parisienne. Dont celle de la RATP.
Or, compte tenu du déficit abyssal du régime des retraites de la RATP – 450 millions d’euros - qui était financé par l’Etat, le conseil régional a refusé de récupérer cette charge, et a exigé une réforme de ce régime de retraite. Dans son principe, il s’agissait d’adosser la caisse de retraite de la RATP au régime général de la Sécurité Sociale.
Elle paraissait indispensable, en effet, au vu des avantages incroyables dont bénéficient les agents de la RATP : âge de la retraite fixé à 50 ans pour les roulants (55 ans pour les autres agents), taux de cotisation de 7,85% (contre 10,35% pour les salariés du privé), et montant de la retraite calculé sur les six derniers mois (et pas sur les vingt-cinq meilleures années, comme dans le privé).
Etant donné la spécificité de ce régime, il n’est pas étonnant que le déficit annuel soit conséquent. En 2004, le budget « retraite » était de 731 millions d’euros pour la RATP. Les cotisations des agents ne représentent que 95 millions d’euros , tandis que celles de l’employeur s’élèvent à 281 millions d’euros. Reste alors une différence de 450 millions d’euros… que l’Etat, c’est-à-dire le contribuable, prend généreusement à sa charge.
Cette situation inacceptable appelait donc une réforme. Dans les faits, aucun des avantages des agents de la RATP n’a été supprimé. Certes, les cotisations ont été augmentées : elles passent à 18% pour l’employeur (soit 223 millions d’euros) et à 11,9% pour les agents (soit 148 millions d’euros).
Mais ne croyez pas que les agents publics aient accepté de rogner sur leurs salaires pour s’aligner (un peu) sur le régime général : les hausses de cotisations seront compensées par des hausses de salaires équivalentes financées par … l’Etat, toujours ! Ce qui annihile, l’effet positif des augmentations de cotisations.
De plus, il manquera toujours de l’argent pour équilibrer le budget « retraite », comme avant la réforme. Une fois encore, l’Etat prendra à sa charge le déficit (180 millions d’euros), aidé par les caisses de Sécurité Sociale et les régimes de retraites complémentaires (180 millions d’euros).
Autrement dit, la masse des salariés ordinaires l’ensemble des contribuables continuent de payer pour financer les avantages des agents de la RATP. Qui a parlé de "fracture sociale" ?







vous feriez mieux de parler des avantages de nos députés et sénateurs