Recevez notre newsletter

Désabonnement, cliquez ici

Le budget 2008, un pas de plus vers la faillite

Tribune parue dans le Figaro du 9 octobre 2007 par Benoîte Taffin et Christophe Maillard, respectivement porte-parole de l’association Contribuables associés et analyste de l’association Liberté chérie.

Le budget 2008 semble réjouir le gouvernement et certains députés de la majorité. Hervé Mariton (UMP) considère que le projet de budget « ne détériore ni n’améliore la situation financière du pays ». Ces propos sonnent faux. Un constat s’impose en effet avec évidence : le déficit se poursuit et la dette publique se creuse.

Si les prévisions de déficit ont été revues à la baisse pour 2007, à 39 milliards d’euros, celui-ci devrait à nouveau augmenter en 2008 puisque c’est un trou de 41,7 milliards d’euros que le gouvernement an-nonce. Ces chiffres sont basés sur un prévisionnel de croissance qui sera d’autant plus difficile à atteindre que les réformes structurelles, dont le pays a besoin, ne sont pas menées.

Ces chiffres sur le budget dissimulent une réalité inquiétante, celle de la dette publique. Évaluée à plus de 1 150 milliards d’euros, son poids est en réalité plus important, du fait d’engagements tels que les retraites non provisionnées des fonctionnaires. Le rapport Pébereau, publié en décembre 2005, estimait que le montant de ces engagements était compris entre 790 et 1 000 milliards d’euros. Dès lors, le montant réel de la dette se monterait à plus de 2 000 milliards d’euros.

Lorsque François Fillon déclare être à la tête d’un État en situation de « faillite », son constat est lucide. Certains voient dans le déficit croissant la conséquence des « cadeaux fiscaux » initiés par Nicolas Sarkozy. Or, les difficultés budgétaires préexistaient à ces mesures. Pas un seul budget n’a été voté à l’équilibre depuis trente-trois ans. Le symptôme est donc structurel. Diminuer l’oppression fiscale, élevée en France, ne revient pas à faire des « cadeaux fiscaux ». N’oublions pas que les richesses prélevées sont le fruit du travail des Français. Laisser aux Français le fruit de leur travail n’est pas un cadeau, mais une simple justice.

La seule solution pour réduire la dette est d’avoir un budget excédentaire. Celà ne suppose pas, comme certains pourraient le penser, une hausse des impôts. En effet, toute hausse des impôts entraîne des effets désincitatifs sur le travail, qui se traduisent, in fine, par une baisse d’activité économique et une diminution des recettes issues des prélèvements obligatoires. Ce mécanisme, con-nu sous le nom d’« effet Laffer », fonctionne aussi à l’envers. C’est-à-dire qu’il est possible d’augmenter les recettes issues de l’impôt en baissant le taux des prélèvements obligatoires. Ceci est d’autant plus vrai que la pression fiscale diminue car les mécanismes incitatifs créés sont d’autant plus forts.

Il existe un autre levier, encore plus puissant, pour transformer le déficit budgétaire en excédent. Il s’agit de baisser les dépenses publiques. Tous les pays ayant connu un redressement au cours des dernières années ont dû passer par cette étape. La part des dépenses publiques dans le PIB a diminué de 7,7 % en Suède ou de 6,2 % en Finlande durant les dix dernières années. Concernant la France, il existe de nombreuses marges de manoeuvre afin de réduire les dépenses. Si certaines politiques coûteuses doivent être abandonnées ou réformées, le plus gros gisement d’économie est à chercher du côté des ressources hu-maines. Le traitement des fonctionnaires absorbe plus de la moitié du budget de l’État.

Nicolas Sarkozy avait souhaité le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, lors des départs à la retraite. Le budget 2008 prévoit la suppression de 22 900 postes, soit le tiers des effectifs partant à la retraite. Les possibilités de non-remplacement sont pourtant très grandes, en particulier dans des ministères où les postes administratifs sont pléthoriques. Ce n’est en effet pas le nombre de postes d’opérationnels (infirmières ou professeurs) qu’il faut diminuer, mais la taille de nos administrations et leurs règles, souvent en décalage avec les besoins du terrain.

La réalité du budget proposé par le gouvernement contraste avec les propos alarmistes du premier ministre. Si la France est bel est bien en situation de faillite, c’est à des réformes structurelles qu’il convient de procéder. Quand on est au bord du gouffre, il peut être dangereux de faire un pas de plus.

retrouvez l’article sur le site du Figaro

Un commentaire pour “Le budget 2008, un pas de plus vers la faillite”

  1. Les syndicats et le gouvernement se réunissent pour discuter de la réforme des régimes spéciaux.
    Pourriez-vous nous indiquer votre opinion sur les mesures que propose de prendre le gouvernement ? Il me semble qu’elles sont fort éloignées d’un aligement des retraites de ces régimes sur celles du privé.
    Je m’étonne que vous n’ayez fait aucun commentaire à ce sujet.
    Je vous remercie de bien vouloir répondre à ce courriel.

Réagissez à cet article