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La modernisation des politiques publiques : une parodie

Eric Woerth, ministre du budget, a présenté le 4 avril le compte-rendu du « Conseil de modernisation des politiques publiques » tenu ce jour-là en présence du Président de la république.

Chacun des 19 ministères concernés a rédigé son propre compte-rendu. Extraits : les mesures annoncées ont pour but de « clarifier et simplifier l’organisation, améliorer le service rendu, optimiser les fonctions support en développant les mutualisations, redéployer les crédits, développer les financements innovants, etc ».  De véritables chefs d’œuvre de langue de bois et de vacuité. Aucune mention précise des économies qu’attendent tous les contribuables, et toute l’Europe avec eux. Il est vrai que ce n’est pas un plan de rigueur.

A la question  « Quels seront les avantages obtenus ? » un seul ministère chiffre les économies prévues :  l’Agriculture, par la fusion des organismes de paiement des subventions agricoles, devrait obtenir « une économie de 70 millions d’euros en trois ans ». La Culture annonce que « des économies de gestion pourront être réalisées », sans les chiffrer. Les autres ministères répondent que l’avantage sera de « ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».
A la question « Quel est le calendrier de mise en œuvre ? » presque tous répondent : « les mesures seront progressivement mises en œuvre de 2008 à 2011 ».

La fusion des services départementaux de la Direction des impôts et de celle de la Comptabilité publique, en principe déjà fusionnées, se fera progressivement « de 2009 à 2011 ». Pour la Défense, ce sera « de 2009 à 2014 ». Les échéanciers sont aussi vagues que les chiffrages d’économies.
Eric Woerth sort alors mystérieusement de son chapeau un chiffre global d’économies : 7 milliards  d’euros en 2011. Sans doute a-t-il évalué les économies de frais de salaires des fonctionnaires non remplacés : 35.000 par an, soit 105.000 en 3 ans, soit 4,4 % du nombre de fonctionnaires d’Etat, soit 2,4 milliards d’économies en 2011, dont la moitié sera rendue aux fonctionnaires sous forme de primes. Les 6 milliards restant tombent du ciel !

A supposer qu’elles soient vraies, les économies annoncées seraient bien loin de ce qu’avait annoncé le Président : pour être à égalité avec l’Allemagne, qui n’est pas en Europe le meilleur exemple de maîtrise des dépenses, il nous aurait fallu réduire nos dépenses, avait-il dit, de 150 milliards d’euros par an .

L’évaluation mystérieuse d’Eric Woerth représente donc 5 % des économies jugées indispensables par Nicolas Sarkozy.
Et l’on nous demande d’applaudir un « effort sans précédent » !

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