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Instituteurs : congés maladie à la carte

Instituteurs : congés maladie à la carte

Selon une enquête du ministère de l’Education nationale révélée hier par RTL, les 283 000 enseignants du primaire ont cumulé quelque 3 millions de jours d’absence en 2007-2008. A deux jours des vacances scolaires, qui permettront certainement d’apaiser les esprits avant la rentrée de septembre, les instits sont une nouvelle fois montrés du doigt !

Une envolée des absences

Selon la même enquête, 45 % des professeurs des écoles ont posé au moins un congé maladie l’année dernière, soit deux fois plus que dans le privé, qui sont eux, à 22 %. Alors oui, les principaux accusés diront que les instits sont plus exposés aux germes (grippes, gastro-entérites) que les gens du privé. Certes. Mais le constat est là ! Et dans le détail, l’enquête souligne tout de même que leurs absences ont connu des pics, pendant la période hivernale – 12 000 enseignants absents par semaine – mais surtout autour des ponts du mois de mai. Plus de 80 % des arrêts maladie sont concentrés autour des week-ends, le jeudi vendredi ou le lundi mardi. Coïncidence ?

Des absences non remplacées

La durée d’absence des enseignants du primaire l’an dernier était de onze jours, contre neuf jours pour les salariés du privé. Et cette enquête révèle que sur 10 jours d’absences… 6 sont réellement remplacés ! L’Education nationale compte pourtant des milliers d’enseignants remplaçants dont on apprend, grâce au rapport, que leur santé est encore plus fragile que celle des titulaires ! 30 000 professeurs des écoles remplaçants, 17 jours d’absences déclarés en moyenne. Le stress et la pression frappent de plein fouet le personnel de l’Education.

Ce manque de remplacement est préjudiciable pour la scolarité des élèves. L’école est obligatoire, mais pas uniquement pour les enfants. En cas d’absence d’un instituteur, les enfants sont généralement incités à rester chez eux, l’inspection académique n’assurant pas les remplacements. Les autres enfants sont répartis dans les autres classes, déjà en surnombre….Pourtant sur 665 000 enseignants de l’éducation nationale 32 000 en équivalent temps de travail n’enseignent pas ! Selon un rapport de la Cour des comptes.

Luc Chatel, le ministre de l’Education, a du pain sur la planche pour la rentrée. Le mammouth éducatif a besoin d’être revu et corrigé. Et comme le montre le rapport, ce n’est à coup de rallonges budgétaires et davantage de fonctionnaires que l’Education nationale sortira de ce fléau. L’argent public n’a jamais fait le succès scolaire. Les Français peuvent en témoigner !

3 commentaires pour “Instituteurs : congés maladie à la carte”

  1. Quelques propositions pour sortir de cette situation invraisemblable , couteuse et inacceptable :
    Un examen médical plus inquisiteur à l’ embauche afin d’écarter les postulants affublés d’ une santé insuffisante .
    Et aussi et surtout , une réduction trés sensible du traitement versé a l’ enseignant absent pour congé maladie .
    On pourrait aussi envisager la possibilité de licencier les éléments qui enchainent les arrêts maladie …

  2. Bonjour,

    3 000 000 de jours/ 283 000 enseignants cela fait près de 10 jours/ enseignant.
    Il est dommage que le rédacteur de l’article n’ait pas essayer ou n’ait pas pu faire une comparaison entre les professeurs selon les régions et selon les types d’enseignement ( public ou privé )
    Mais il est vrai que la période de ces maladies au mois de Mai a quand même une signification.
    Soyons optimistes: Les chiffres de l’article concernent l’année scolaire 2007-2008. Ceux de l’année scolaire 2008-2009 seront certainement moins graves !!!

  3. Bonjour,

    Au moment où le déficit de la sécurité sociale devient inquiétant et que Bercy semble se préoccuper des arrêts maladie des fonctionnaires. Il est intéressant de se pencher sur le cas de la ville de Chelles en Seine et Marne où un fonctionnaire, Mr Salim SAÏDOU, travaillant pour la Mairie semble bénéficier d’un traitement de faveur qui nous donne un éclairage sur certaines pratiques.

    En effet, Mr SAÏDOU durant plusieurs années a pu se mettre en arrêt maladie pour prolonger ses congés d’été en envoyant des certificats médicaux depuis son pays d’origine l’Algérie. Le fait qu’il tombe malade tous les ans juste à la fin de ses congés ne semble surprendre personne puisque sa hiérarchie ne l’a jamais sanctionné. Cette indulgence, a atteint son paroxysme durant l’été 2004. Alors qu’il avait comme à son habitude envoyé un certificat médical pour prolonger son mois de congé par un arrêt maladie, au mois de septembre Mr SAÏDOU est allé à la chasse où il a pris une volée de plombs dont certains se sont logés dans la tête, ce qui a nécessité une hospitalisation. N’ayant pas confiance dans les services hospitaliers de son pays, Mr SAÏDOU a fait des pieds et des mains pour se faire rapatrier d’urgence en France pour s’y faire soigner. Alors qu’il semblait évident que pour aller à la chasse ce monsieur n’était pas vraiment malade, Mr SAÏDOU n’a aucunement été inquiété à son retour en France, ni par sa hiérarchie, ni par la sécurité sociale. Après sa période de convalescence, il a pu reprendre tranquillement son travail et même continuer cette pratique l’année suivante sous le regard admiratif des jeunes qu’il encadre, puisqu’il était responsable d’une structure jeunesse.

    Faire un véritable travail de fond sur le contrôle des arrêts maladie des fonctionnaires passe aussi par la moralisation de certaines pratiques. La tolérance envers certains « grands frères » qui bénéficient d’une forme de clémence pour je ne sais quels services rendus, dégrade considérablement les fondements de notre société.

    Cordialement.

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