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Hôpitaux publics : des propositions insuffisantes

« Certains établissements [se sont] durablement installés dans une culture du déficit », écrivent les auteurs du rapport remis par le sénateur Gérard Larcher sur les hôpitaux publics.

Le constat est là. Mais les seize propositions qui sont faites semblent bien timides face à une situation extrêmement préoccupante. L’idée phare du rapport est la mise en place d’un système de «communautés hospitalières de territoire» :  «Dans chaque territoire, les hôpitaux auront la liberté de s’associer, comme les communes peuvent se regrouper dans les communautés de communes. Les communautés  hospitalières auront des  compétences obligatoires  (investissement, logistique, planning des médecins sur tous les sites…) et  d’autres optionnelles», a  expliqué Gérard Larcher  au Figaro.

Une mesure  qui permettrait d’alléger  les lourdeurs administratives et de réorganiser  la carte des hôpitaux.  Un hôpital de territoire gérerait l’activité de son  secteur, et les médecins seraient nommés au niveau territorial, avant  d’être détachés dans différents établissements. Autre mesure importante : les comptes des hôpitaux seraient désormais certifiés, afin de mettre fin à des situations dans lesquelles se trouvent certains établissements – tels que l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, qui a cumulé 27 millions d’euros de dette, le CHU d’Amiens, 23 millions…

Le rapport a aussi préconisé, tout en restant flou quant aux modalités exactes de ces « réformettes », la libéralisation des marchés publics, trop rigides, le renforcement du pouvoir des chefs d’établissement, ou encore l’évolution du mode de rémunération des médecins. Un attirail qui semble bien peu ambitieux et qui, s’il est retenu par le président de la République et parvient à passer outre la résistance des syndicats, ne semble pas avoir la carrure nécessaire pour endiguer les gaspillages et déficits qui plombent le système actuel.

Gaspillages : les chiffres

  • 3 000 hôpitaux et cliniques, 30 par département, 700 000 lits, presque 1 pour 100 habitants, soit deux ou trois fois plus qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis : la France a le réseau d’hôpitaux le plus dense du monde.
  • 67 milliards d’euros (200 milliards d’euros étant le coût total des dépenses de santé) : les soins hospitaliers absorbent près de la moitié des dépenses d’assurance-maladie.
  • Les infections nosocomiales font entre 4 200 et 5 000 morts chaque année – l’hôpital tue plus que la route !
  • 60,8 % : c’est l’écart de prix moyen entre le secteur public et le secteur privé.
  • 22 % des blocs opératoires accueillent 80 % de la chirurgie.
  • 350 hospitalisations résultant d’effets pervers de prescriptions non justifiées ou incompatibles entre elles ont lieu chaque jour en France.
  • 5 à 6 milliards d’euros : c’est le coût, estimé par l’assurance-maladie, des prescriptions non conformes au mode d’usage recommandé par les autorisations de mise sur le marché des médicaments.
  • 37 établissements cumulent à eux seuls un déficit total de 350 millions d’euros fin 2006.
  • 60 millions d’euros : ce serait le montant du gaspillage engendré par le coût des médicaments non utilisés dans les établissements pour personnes âgées.
  • Notre dépense annuelle de médicaments par habitant représente 2,5 fois celle du Danemark.
  • 250 000 fausses cartes vitales seraient en circulation, coûtant annuellement 60 millions d’euros.
  • Les frais de transport ont augmenté de 50 % pour les ambulances, 60 % pour les taxis entre 2000 et 2003.
  • 10 % des fonctionnaires sont constamment absents, soit 520 000 en permanence en arrêt maladie.

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