Etude sur l’origine sociologique des députés, le CNRS fait l’impasse sur les députés fonctionnaires
51,3 % des parlementaires sont des fonctionnaires ! C’est ce qui ressortait d’une étude publiée en 2005 par Contribuables Associés. Deux chercheurs du CNRS viennent de se pencher à leur tour sur les origines sociologiques de nos parlementaires. Mais pas sous le même angle…
L’origine sociologique de nos parlementaires intéresse le CNRS. Le Journal du Centre National de Recherche Scientifique salue en effet la parution d’une étude réalisée par deux chercheurs, Eric Kerrouche et d’Olivier Costa (« Qui sont les députés français ? Enquête sur des élites inconnues »)… en affirmant sans rougir qu’il s’agit-là du premier travail réalisé sur ce sujet « depuis plus de vingt ans » !
Or, Contribuables Associés a publié, dès novembre 2005 une monographie sur le même sujet, signée par Bertrand Lemennicier, professeur d’économie à Paris II, et Pierre-Edouard du Cray, alors directeur des études de l’association. Faut-il croire que, pour les chercheurs du CNRS, les travaux qui ne sortent pas de chez eux n’existent pas ?
Selon l’étude de Kerrouche et Costa, le député-type est « un homme de plus de cinquante ans, fortement diplômé, souvent salarié du public et / ou issu d’un milieu professionnel favorisé et titulaire d’un mandat exécutif local. » En somme, on trouve parmi nos élus peu de femmes (12,3 %) et encore moins d’employés (2,4 %) et d’ouvriers (0,9 %). A cet égard, rien de bien neuf, puisque, dans leur travail, Bertrand Lemennicier et Pierre-Edouard du Cray constataient eux aussi que l’Assemblée nationale était « masculine, âgée, instruite et élitiste ».
Ces observations ne doivent pas être négligées, puisque, comme l’écrivent eux-mêmes les deux chercheurs, « la question de l’activité constitue un enjeu central pour les députés. L’appartenance professionnelle est un critère de présentation de soi essentiel, surtout lorsque l’on prétend aux suffrages des électeurs. » Il est d’autant plus surprenant que le CNRS n’accorde pas davantage d’attention à l’appartenance desdits députés aux secteurs public ou privé. La monographie de Contribuables Associés soulignait pourtant qu’« une seule et même catégorie socioprofessionnelle occupe plus de la moitié des 577 sièges du Palais-Bourbon. Cette caste majoritaire est celle des fonctionnaires au sens large, c’est-à-dire les personnes payées sur fonds publics » . L’information ne manque pas d’intérêt…
Par ailleurs, à en croire le Journal du CNRS, « la députation est devenue un métier à part entière : la plupart des députés n’exercent plus leur profession depuis longtemps… » Erreur : officiellement, les députés-fonctionnaires sont seulement détachés à l’Assemblée nationale et poursuivent leur carrière. C’est si vrai que leur avancement se poursuit pendant qu’ils siègent (ou sont supposés siéger) et qu’ils touchent, à l’âge légal, une pension de fonctionnaire « plein pot », qui s’ajoute à leur confortable pension de député (2 192€ mensuels en moyenne) .
La conclusion de l’étude de Contribuables Associés différait donc sensiblement de celle du CNRS : « Parlementaires ou fonctionnaires, il faut choisir ». Souhaitons que les fonctionnaires soient moins nombreux lors de la prochaine législature.
Téléchargez l’étude réalisée par Contribuables Associés « L’origine sociologique des parlementaires »







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