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Entretien avec Jean-Michel Fourgous, député-maire d’Élancourt : « Le monde politique français ne comprend pas l’économie »

Jean-Michel Fourgous, député-maire UMP d’Élancourt dans les Yvelines, fait partie des rares chefs d’entreprise de l’Assemblée. À ce titre, il porte un regard très critique sur l’omnipotence administrative. Il est l’auteur de « L’élite incompétente ».

- La droite est au pouvoir depuis cinq ans et rien ne semble avoir changé…

Plus que le problème droite/gauche, la fracture se situe entre la famille marchande et la famille administrative, cette élite qui a pris le pouvoir et qui ne le lâche plus. C’est elle qui a créé les 35 heures, c’est elle qui a créé l’ISF. Le point de croissance qui manque à la France se trouve dans le déficit culturel de cette élite administrative. L’essentiel du monde politique français ne vient pas du monde de l’entreprise, ne comprend pas les mécanismes de l’économie, et c’est cela le problème !
Si demain, comme dans tous les pays du monde, l’élite sortait d’une école d’ingénieur, de commerce ou de l’université, l’avenir du pays serait meilleur.

- N’est ce pas à vous, parlementaires, de contrôler l’administration ?

Le rôle du député est de voter l’impôt et d’en contrôler, en principe, l’utilisation. Nous contrôlons moins de 1 % des 300 milliards du budget de l’État… Lorsque nous avons dans un premier temps proposé que les députés puissent réaliser des contrôles dans les administrations avec un cabinet privé indépendant, l’élite administrative nous a rétorqué : « Fourgous veut casser l’équilibre entre le législatif et l’exécutif. » Nous avons échoué à une voix près. Aujourd’hui nous proposons la création d’un office français d’évaluation et de contrôle (OFEC) sur le modèle britannique. Plus de deux cents députés me soutiennent. Nicolas Sarkozy a inscrit cette proposition dans son programme. Je suis optimiste.

- Qu’en est-il de cet office de contrôle ?

Il s’agirait d’un office indépendant, composé de trois cents personnes à 90 % venues du secteur privé, qui seconderait les élus dans leur mission. Son coût avoisinerait les 30 millions d’euros pour une réalisation d’économie de l’ordre d’un milliard la première année. L’objectif est de faire maigrir des structures administratives qui n’ont plus, bien souvent, de raison d’être. La proportion de fonctionnaires dans la société française, de 50 % supérieure à la moyenne européenne, et le taux d’imposition actuel font de l’État français un État archaïque qui étouffe les forces vives du pays.

- A quoi sert donc la Cour des comptes ?

D’une part, la Cour, qui tient beaucoup à son indépendance vis-à-vis du Parlement, se situe plus dans un objectif de contrôle de conformité législative que d’opportunité d’une dépense. D’autre part, l’OFEC n’est pas une énième structure administrative. De droit privé, il pourra être réduit, voire supprimé s’il ne fonctionne pas comme il le faudrait. La Cour des comptes comporte 600 personnes, fonctionnaires. Or la culture publique contrôlant la culture publique, cela rend l’efficacité relative…

Un commentaire pour “Entretien avec Jean-Michel Fourgous, député-maire d’Élancourt : « Le monde politique français ne comprend pas l’économie »”

  1. Je ne comprend pas très bien comment la Cour de comptes peut jouer un rôle de contrôle de conformité législative, alors qu’il y a le Conseil constitutionnel pour cela.Par ailleurs, on sait qu’elle n’ aucun pouvoir sur les décisions de dépenses et c’est ce qui la rend complètement inutile.

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