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Emplois publics, ça bouge au Portugal

Certains parlent et ne font rien ou si peu. D’autres prennent le taureau par les cornes. C’est le cas du gouvernement portugais qui a annoncé vouloir dégraisser l’administration à hauteur de 40 % de ses effectifs.

La situation devenait désespérée voire désespérante. Depuis 2000 – le pays était gouverné par l’actuel président de la commission européenne, José-Manuel Barroso – la situation économique s’est progressivement détériorée. La dette publique est passée en sept ans de 53 % à plus de 65 % ; le taux de chômage de 4 % à 7,5 %. Quant à la fonction publique, elle représente 20 % des actifs et sa masse salariale, 15 % du PIB. À en croire Le Figaro, l’administration est si opulente « qu’à Lisbonne on a pris l’habitude de la qualifier de ‘‘Monstre”. »

Pressé par l’Union européenne, qui ne goûte guère les 6 % de déficit annoncés en 2005, le gouvernement socialiste de José Socrates, au pouvoir depuis deux ans, s’est attaqué, sans préjugés, à la pieuvre étatique. Le premier ministre compte réduire en deux ans le nombre de fonctionnaires de 15 à 25 %, et à terme, délester l’État de 40 % de ses salariés. La méthode est radicale et ferait frémir bien des responsables français.
« Il ne faut pas se demander comment financer notre administration, mais quelle administration nous pouvons financer avec les ressources que nous avons », résume le secrétaire d’État du ministère des Finances chargé de l’Administration publique, João Figueiredo. Un discours de bon sens qui, en pratique, revient à « mettre de l’ordre dans les structures de l’État en diminuant de moitié le nombre d’organismes publics ». Objectif affiché et assumé : « Garder les meilleurs fonctionnaires. »

Malgré les grèves générales qui ont immobilisé  le pays, le gouvernement trace son sillon : aligne- ment du régime des  retraites du public sur celui du privé (65 ans et calcul de la retraite sur  l’ensemble de la carrière),  fermeture de 1 200 écoles  jugées trop petites, gestion des hôpitaux laissée au privé, reclassement de  fonctionnaires selon les besoins réels de l’État, le  gouvernement socialiste  ne s’embarrasse pas de  tabous. Le Figaro remarque ainsi que la Lusitanie  manquant cruellement  de gardiens de musées, certains enseignants et  diplomates se sont vu proposer de veiller sur les grands peintres portugais…

 

 

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