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Education nationale : plus de fonctionnaires, moins de résultats !

« 11 200 postes supprimés, c’est un peu moins de 0,8 % de nos fonctionnaires. On peut quand même s’adapter à cette situation », a déclaré Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale.

Quelques chiffres permettent de compléter ce constat :

  • La France compte environ 5 millions de fonctionnaires, répartis dans les trois fonctions publiques, d’Etat, territoriale et hospitalière.
  • La fonction publique d’Etat représente à elle seule 51 % de l’ensemble, soit 2,5 millions d’agents.
  • L’Education nationale et l’Enseignement supérieur emploient près de la moitié de cet effectif, à savoir un peu plus de 1,2 millions de fonctionnaires.

Ces chiffres, tirés des statistiques du ministère de la Fonction publique et d’un rapport présenté en juillet 2007 au Conseil supérieur de la Fonction publique, conduisent en effet à relativiser le nombre des postes supprimés dans l’Education nationale.

Dans une étude récemment publiée par Contribuables Associés (et téléchargeable sur notre site), Jacques Bichot, professeur d’économie à l’Université de Lyon III, apporte des informations complémentaires :

L’effectif d’élèves moyen dans les classes de maternelle a été réduit de 40 au début des années 1970, à 26 aujourd’hui. Dans l’enseignement élémentaire, il est passé de 30 élèves dans les années 1960, à moins de 23 aujourd’hui.
Autrement dit, « la diminution des effectifs par classe aurait atteint 35 % en maternelle et 23 % dans le reste du primaire. » Or, une étude sur l’Ecole primaire, commandée par le Haut Conseil de l’Education, montre qu’aujourd’hui, 60 % des écoliers seulement ont « des résultats acceptables ou satisfaisants » et souligne que « même les meilleurs d’entre eux ont des faiblesses. Plusieurs constats ont ainsi noté la baisse de leur maîtrise de l’orthographe et de la grammaire. »

Dans le secondaire, on dénombre 12,1 élèves par enseignant aujourd’hui, contre 17 en 1958-59. Or, observe Jacques Bichot, « la culture générale et le niveau scientifique des bacheliers de ces premiers mois de la Ve République souffraient facilement la comparaison avec le niveau actuel : la qualité n’a pas progressé. »

« Nos enseignants n’obtiennent pas de meilleurs résultats pédagogiques avec 20 ou 30 élèves par classe que leurs prédécesseurs avec 30 ou 40 », écrit encore le professeur. Les comparaisons avec l’étranger conduisent au même constat : la médiocrité des résultats obtenus n’est pas en rapport avec l’importance des moyens que la France consacre à l’enseignement de ses enfants.

Le manque d’efficacité de l’Education nationale, conclut Jacques Bichot, ne tient donc pas au nombre des fonctionnaires qu’emploie le « Mammouth », mais à l’inadéquation des méthodes d’enseignement artisanales appliquées à des effectifs industriels.
 

3 commentaires pour “Education nationale : plus de fonctionnaires, moins de résultats !”

  1. Bonjour,
    Votre point de vue mérite d’être pondéré singulièrement par le fait suivant : l’école a en quarante ans, eu à répondre à une massification sans précédent.
    En effet, en 1960 un élève sur deux seulement atteignait la classe de sixième. En 198O un sur deux le lycée. En 1987 un sur deux le niveau du bac et en 1997 un sur deux bac plus deux.
    Autrement dit, si vous enseignez à quarante élèves d’une classe sociale favorisée équipée pour comprendre les attentes scolaires et soutenue dans sa famille la tâche est nettement plus simple qu’avec 25 élèves de classes sociales hétérogènes.
    20% des élèves relèvent peu ou prou de l’éducation prioritaire.
    Celà ne minimise toutefois pas l’impact des méthodes sur les résultats mais signifie que les enjeux ont changé.
    Il faut faire autrement, mieux, en mesurant c’est vrai le coût du geste pédagogique.
    Mais il serait un peu réducteur de laisser croire que les réponses seraient simples.
    L’enjeu c’est à la fois d’éviter de laisser sur le côté des élèves sans qualification (150 000 chaque année) mais dans le même temps de développer un haut niveau de formation préparant notamment des élèves diplômes en mathématiques ou en sciences…nous en manquons déjà.
    Le processus de Lisbonne a fixé pour 2010 des enjeux forts. Le LOLF nous dote d’indicateurs qui vont aider à mesurer l’effet des actions engagées.
    Enfin, si vous citez l’étranger dans votre article, il faut savoir qu’en Finlande où les résultats sont les meilleurs au monde, le nombre d’élèves est plus faible… et surtout dès qu’un élève rencontre des difficultés, il est aidé par un dispositif de suivi personnalisé. Ce modèle n’est pas transposable stricto sensu.
    En France l’expérience de classes dédoublées au CP a montré que ce n’était pas forcément efficace… mais en langues vivantes, il semblerait que les élèves parlent plus, mieux et plus vite à 15 qu’à 30… il nous faut dépasser les modèles figés et penser autrement, y compris en ne nous enfermant pas dans des représentations figées et simplistes.

  2. Maman de deux enfants de 12 et 17 ans, j’avais bien évidemment remarqué et depuis très longtemps (ainsi que de nombreux autres parents) que les enseignements de « certains » profs ou instits étaient plus que limites (ce n’est pas la majorité heureusement). Le problème est que lorsqu’un établissement a un prof incompétent (et çà existe je vous l’assure en connaissance de cause) IMPOSSIBLE DE S’EN DEBARRASSER… J’Y SUIS J’Y RESTE !!!! Et tout le monde est au courant. Les parents ne peuvent que prier en début d’année scolaire pour que leur enfant ne « tombe » pas sur le parasite en question… prière parfois exhaucée… parfois non. Alors, quelle alternative pour les parents : cours particuliers et facture à l’Education Nationale ? Le pb est que les établissements se traînent des incompétents pendant des années…jusqu’à la retraite voire au-delà (cocagne… payé à raconter sa vie en cours en se contentant de donner aux élèves un contrôle par trimestre… il ne vaut mieux pas que le gamin se loupe car rattrapage impossible… attendre le trimestre prochain…!) ceux-là même qui prennent en charge l’instruction de nos enfants !!! C’est lamantable.Imaginez lorsque votre enfant se paie deux voire trois années de suite un « incompétent »…
    Il faut évidemment mettre en place des objectifs pour chaque prof, à atteindre chaque année et cela depuis le primaire. Leur faire également pratiquer des bilans de compétence de manière régulière. Et si les objectifs ne sont pas atteints ou compétences insuffisantes : formation complémentaire ou mutation dans un autre secteur que l’éducation. Les profs eux-mêmes ne parlent-ils pas « d’usure » au bout d’un certain nombre d’années ? Et après on vient dire que nos enfants n’ont pas le niveau…! La faute à qui ? à l’EN elle-même qui est incapable de soigner ses propres maux. Gros pb : les formations dans les IUFM qui sont à revoir à la base ; le retour à des méthodes qui ont fait leurs preuves serait salutaire pour tous : enseignants, élèves… et parents.
    En conclusion, moins d’enseignants si moins d’effectifs… c’est une évidence, cela ne se discute même pas. Par contre, revoir le système de formation initiale et continue et contrôler régulièrement les compétences.

  3. Toujours aussi gerbants! Vous en bouffez tous les matins, du fonctionnaire? Par contre, les dizaines de milliards d’euros de cadeaux faits aux riches, par vos amis du gouvernement, et qui seront payés par la population laborieuse, cela ne vous gêne pas!
    Etre de droite rend vraiment con, mesquin, étroit d’esprit…

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