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Education nationale : l’argent public ne fait pas le succès scolaire

Les moyens consacrés à l’éducation sont-ils insuffisants ? Qu’on en juge : la loi de finances 2007 autorise, au titre des deux missions « Enseignement scolaire » et « Recherche et enseignement supérieur », un total de 80,3 milliards d’euros, soit près du quart du budget général de l’État (343,3 milliards).

Encore ne s’agit-il là que de l’enveloppe consentie par l’État. Si l’on y ajoute les autres apports, la dépense intérieure d’éducation (DIE) s’élève à environ 120 milliards d’euros. En 2005, cette DIE, calculée par les comptables nationaux, atteignait déjà 117,9 milliards (soit 6,9 % du PIB), provenant de l’État à hauteur de 73,9 milliards ; des collectivités territoriales (communes pour le primaire, départements pour les collèges, régions pour les lycées et l’enseignement technique) à hauteur de 25,1 milliards ; des autres administrations publiques (notamment des caisses d’allocations familiales) à hauteur de 2,5 milliards ; des entreprises privées pour 7,4 milliards et des ménages pour les 9 milliards restant. Jacques Bichot souligne au passage que la part de l’État baisse, tandis que celle des collectivités locales tend à augmenter. Par ailleurs, sur la dernière décennie, l’évolution de la DIE en pourcentage du PIB décroît, ce qui montre, estime Jacques Bichot, que « face à la diminution de certains effectifs scolarisés, le “Mammouth” a su réagir, fût-ce avec un certain retard et une insuffisante vigueur. »

À lui seul, ce secteur emploie, en équivalent plein temps, près de 1 200 000 personnes, soit plus de la moitié des fonctionnaires de l’État (2,2 millions d’agents), ce qui relativise un peu l’annonce, par le  ministre de l’Éducation Xavier Darcos, du  non-remplacement de 11 000 postes au sein  du personnel administratif de l’Éducation  nationale (et non pas  des enseignants…) en 2008. Les coûts de  personnel représentent près des 7/8e des dépenses de fonctionnement de l’Éducation nationale. Le nombre des enseignants eux-mêmes, actuellement en légère diminution, a progressé de 1,5 % entre 1995-1996 et 2002-2003, tandis que le nombre d’élèves diminuait de 3,5 %. La dépense par élève, faut-il le préciser, n’a pas suivi la même courbe : en euros constants, elle a augmenté, entre 1980 et 2005, de 76 %, dans le premier degré ; de 62 % dans le second degré ; et de 29 % dans l’enseignement supérieur !

L’augmentation des coûts n’est pas seulement due à celle des effectifs de l’Éducation nationale. Un rapport d’audit réalisé sur les lycées par l’inspection des finances et l’inspection générale de l’Éducation nationale la rapporte aussi à la « forte inflation du volume d’heures d’enseignement » en France. Le lycéen, qui coûte environ 30 % plus cher en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE, supporte une charge hebdomadaire de travail de plus de 45 heures, soit un horaire annuel « supérieur de 20 % à celui de ses homologues européens les plus performants », notent les rapporteurs, qui y voient « la conséquence d’insuffisances dans le pilotage du système éducatif ».

Il n’apparaît cependant pas que cette double inflation des coûts et de la charge de travail se traduise par une supériorité des lycéens français sur les élèves des autres pays européens.

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