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Dépense publique : pas de rabais sans rabot

 » Il est urgent d’attendre  »

C’est en somme ce que l’on peut retenir des déclarations à la presse du premier ministre, Dominique de Villepin, avant la réunion, le 11 janvier à Bercy, de la Conférence nationale des finances publiques, à laquelle ont participé, outre le chef du gouvernement, six ministres, une trentaine de représentants de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, ainsi que quelques responsables syndicaux et patronaux : en somme, les fonctionnaires parlent aux fonctionnaires… Garant de la fiabilité de l’opération, Michel Pébereau, auteur d’un récent rapport sur la dette publique, en est lui aussi.
Le gouvernement se donne pour objectif de stabiliser d’ici à cinq ans la dépense publique pour parvenir au déficit zéro. Reste à savoir si ces intentions louables seront suivies d’effet et qui se chargera de les réaliser. Sûrement pas Dominique de Villepin – en tout cas, pas comme premier ministre de Jacques Chirac. Le chef du gouvernement a beau évoquer la nécessité de moderniser l’Etat – sans préciser comment il s’y prendra – rien ne presse d’ici l’élection présidentielle. En 2006, les dépenses de l’Etat dépasseront encore 266 milliards d’euros et génèreront un déficit de 46,8 milliards, si la croissance répond aux espérances gouvernementales. De même la résorption de la dette, à laquelle le premier ministre affirmait en décembre vouloir s’atteler « dès l’année prochaine » – savoir, en 2006 – attendra elle aussi que la présidentielle soit passée. Le cap est donc fixé sur 2010, sous réserve que le résultat des élections de 2007 répondent aux vœux de Dominique de Villepin. Les résolutions prises par ce dernier tiennent davantage du projet électoral d’un candidat à la présidence de la République, que du programme d’action d’un chef de gouvernement en exercice.
Ce programme prévoit de couper dans la dépense publique, de parvenir au déficit zéro, de mettre un terme aux baisses d’impôts – en abandonnant au passage les promesses faites par Jacques Chirac. L’essentiel des économies ainsi réalisées seraient utilisées à rembourser la dette publique, qui serait réduite en 2010 à 60 % du PIB, limite haute imposée par le pacte de stabilité, contre 66 % aujourd’hui. La France en reviendrait ainsi au niveau d’endettement de 1998 (60,3 %) ; la charge annuelle de la dette s’élevait alors à 36 milliards d’euros, contre 45 aujourd’hui.
Malheureusement, Dominique de Villepin demeure évasif sur les moyens qu’il envisage de prendre pour parvenir à ces résultats. Il refuse au contraire de diminuer drastiquement les effectifs de la fonction publique à la faveur des départs à la retraite, ce qui demeure pourtant la principale mesure susceptible de réduire la dépense publique : pas question, dit-il, de pratiquer une « logique du rabot ».
Mais comment le premier ministre entend-il alors raboter la dépense publique ?

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