De l’Etat aux collectivités locales, hausse des impôts tous azimuts
Les promesses de baisses d’impôts formulées par Jacques Chirac en 2002 n’ont pas seulement été oubliées, elles ont été revues à la hausse ! Les prélèvements obligatoires ont augmenté en 2005, et la fiscalité locale continue parallèlement à progresser.
L’information est tombée à la mi-mars, des meilleures sources puisque le ministère de l’Economie et des Finances l’a communiquée lui-même à la Commission économique de la nation : en 2005, les prélèvements obligatoires ont représenté 44,3 % du PIB, contre 43,5 % l’année précédente. Ils s’approchent du record atteint en 1999 : 44,9 %.
La nouvelle est d’autant plus mauvaise pour Thierry Breton que la dette publique s’accroît elle aussi par rapport à 2004 : 66,4 % du PIB contre 64,7 %.
Le ministre des Finances se félicite de ce que le déficit reste à niveau ; il n’aurait plus manqué qu’il se creuse ! L’augmentation des contributions et le recours au crédit devraient permettre de le circonscrire sous la barre de 3 % exigée par Bruxelles… si la croissance très optimiste prévue par le gouvernement est bien au rendez-vous. La majorité des experts en doute. Si les faits leur donnent raison, les 3 % fatidiques seront dépassés à la fin de 2006. Plusieurs banques, comme la BNP-Paribas et Natexis Banques populaires, misent plutôt sur 3,3 % de déficit.
Les chances sont donc minces de voir, dans un avenir proche, baisser les impôts et taxes que l’Etat confisque sur nos modestes revenus. De surcroît, les collectivités locales ne sont pas en reste.
En 2006, les régions augmentent encore leurs taux d’imposition de 7,5 % en moyenne, après la très forte hausse enregistrée l’année dernière (+21,1 %). Depuis 2004, l’ardoise s’est alourdie de 80,5 % pour les citoyens de Languedoc-Roussillon, de 76,9 % pour les Bourguignons, de 69,2 % pour ceux de la région PACA, de 68,6 % pour les Franciliens, de 38,6 % pour les Picards… La taxe sur la carte grise, notamment, a bondi de 31 % en deux ans !
Encore cette fiscalité ne représente-t-elle que le tiers des recettes régionales. Le reste provient de l’Etat… autrement dit, toujours des poches des contribuables.
Cette année toujours, le taux des impôts directs départementaux (taxes d’habitation, foncier bâti et non bâti et taxe professionnelle) croît de 5 %, contre 4,4 % l’an dernier. Depuis 2001, l’accroissement représente 19,5 % !
Reste encore à prendre en compte l’évolution de la fiscalité des communes et des intercommunalités, en fonction non seulement des taux (la taxe d’habitation va augmenter de 0,5 % en moyenne), mais aussi des bases.
L’Etat et les collectivités locales se renvoient la responsabilité de cette aggravation de la pression fiscale. Ces querelles n’intéressent guère les contribuables. La décentralisation est un alibi commode aux hausses d’impôts ; mais pour le citoyen, le « millefeuille » n’en reste pas moins lourd à digérer.







Il serait interessant, si les sources sont faciles à obtenir, d’intégrer dans vos statistiques générales les niveaux de tous les impôts locaux aux particuliers. Eventuellement en faire des moyennes régionales puis nationales. Ensuite les intégrer ou les ajouter aux pourcentages des autres impôts. Cela permettrait d’avoir une notion plus juste de la véritable ponction fiscale sur le citoyen.
En effet! les élus, les médias, etc….. oublient de façon quasi-systématique les impôts locaux quand il est question des prélèvements obligatoires.
Dans les communications de notre mouvement, je pense qu’il est également nécessaire de marteler sans cesse le rappel de cette importante ponction fiscale trop souvent occultée.