Recevez notre newsletter

Désabonnement, cliquez ici

Contre l’avis des experts, les syndicats s’opposent au non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite

A peine le gouvernement a-t-il annoncé sa décision de ne pas remplacer 22 000 fonctionnaires sur plus de 5 millions (chiffre officiel…), les syndicats montent au créneau pour lui signifier leur refus et leur colère. Mais comment prétendre représenter l’ensemble des salariés, quand le taux de syndicalisation n’excède pas 9 % ?

Les syndicats de la fonction publique ne sont pas contents. La CGT, la CFDT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CGC et la CFTC élèvent une protestation unitaire contre la décision prise par le gouvernement de ne pas remplacer certains postes de fonctionnaires partant à la retraite. Et pour cause : le taux de syndicalisation dans la fonction publique culmine à 15 %, contre 5 % seulement dans le secteur privé. Autrement dit, diminuer le nombre des fonctionnaires, c’est affaiblir les syndicats.

Dans un communiqué de presse publié le 24 août, les organisations professionnelle de la Fonction publique s’indignent : « les annonces de suppression d’emplois confirment que c’est une logique exclusivement comptable qui prévaut. » En effet, les principaux rapports rendus ces dernières années, notamment ceux de Michel Camdessus sur la croissance, en 2004 et de Michel Pébereau sur la dette en 2005, ont souligné la nécessité et l’urgence de réduire les effectifs de la fonction publique pour éviter de graves conséquences économiques. Dans les circonstances actuelles, la logique comptable s’impose.

Un second motif de la grogne syndicale concerne l’augmentation des salaires des fonctionnaires. Les organisations signataires s’offusquent qu’aucune réponse n’ait été apportée « à la demande de négociations salariales visant à assurer le maintien du pouvoir d’achat par la revalorisation du point d’indice » et affirment que « ce n’est pas la mise en œuvre du “travailler plus pour gagner plus” qui pourra répondre à cette exigence. » C’est pourtant le cas dans le secteur privé.

Mais voilà longtemps que les salariés du secteur privé n’intéressent plus les syndicats français, qui se préoccupent essentiellement de défendre les privilèges et les « droits acquis » des salariés du public, leur clientèle privilégiée. C’est essentiellement pour cette raison que le taux de syndicalisation, en France, atteint à peine 9 %, tandis qu’il dépasse 80 % dans un pays comme la Suède.
Mais le syndicalisme suédois a su collaborer aux réformes nécessaires, tandis que les organisations françaises se retranchent frileusement sur des options idéologiques et des modes de pensée routiniers.

Nos syndicalistes devraient y songer avant d’engager un bras de fer avec le gouvernement : s’ils ne collaborent pas aux réformes nécessaires, les syndicats français se condamneront eux-mêmes à mort.

3 commentaires pour “Contre l’avis des experts, les syndicats s’opposent au non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite”

  1. C’est inadmissible de raisonner de la sorte et de ne privilégier que le coté comptable de la fonction publique.
    L’état nous est redevable de 7 % de salaire .
    aujourd’hui la démotovation prime

  2. La France n’a pas vocation à devenir la nouvelle ” Union Soviétique ” du 21e siécle.

    Pour info, je rappelle à Loic que l’Etat a à sa charge, pour leurs salaires, leurs traitements, leurs pensions et leurs retraites plus de 9 millions de fonctionnaires et assimilés !!!

    Ces 9 millions se décomposent comme suit,

    5,2 millions de fonctionaires dans 3 fonctions publiques:
    1)fonctionnaires d’Etat
    2)fonctionnaires des collectivités territoriales
    3)fonctionnaires de la fonction publique hospitalière

    Plus de 800 000 agents travaillant dans les établissements publics détenu à 100% par l’Etat et ayant juridiquement la personnalité morale de droit public. Les statuts sont souvent calqués sur celui des fonctionnaires.

    Plus de 250 000 fonctionnaires et assimilés travaillant dans des établissements détenu à plus de 50% par l’Etat.

    Plus de 3 millions de retraités fonctionnaires pensionnés des régimes public de fonctionnaires.

    Fin 2006 la dette de l’Etat approchait les 1200 milliards d’euros, et comme si cela ne suffisait pas nous découvront qu’il faut y ajouter environ 800 milliards pour financer les retraites des fonctionnaires !
    D’octobre à décembre 2006 la France a du empruntée à l’étranger, pour partie à des fonds de pension ( encore de la dette ) pour payer les salaires de ses fonctionnaires, les caisses étaient vides.
    Etrangement personne n’a entendu les syndicats se plaindre que nous en étions maintenant rendu à emprunter à l’étranger pour payer les salaires des fonctionnaires français, et qui plus est pour partie à des fonds de pension.

    ” Il n’y a de véritable progrès qu’à partir de la vérité.”

  3. La démotivation, quelle démotivation ? Parce qu’il y a eu motivation un jour…?
    Il ne faut pas que les fonctionnaires oublient qu’une partie de leur rémunéraiton est versée par le biais des impôts de la nation… et il est évident qu’un Etat digne de ce nom doit se comporter comme une entreprise et gérer son personnel de la même manière. Lorsqu’on voit parfois en bord de route 4 agents dont 1 qui bosse et 3 qui le regardent… quelle productivité ! Des objectifs de résultats non de non…!
    Remettre à plat les régimes spéciaux (EDF, SNCF, etc) dont les cotisations (notamment retraite) des actifs ne suffisent pas à payer les retraites qui sont pompées dans les caisses du régime général… auquel on demande toujours plus d’efforts financiers. Y’en a marre !!! Cela fait des années que çà dure… mais qui va faire bouger tout çà ??? Il faut y aller maintenant… les salariés du privé en ont ras le bol de toujours payer plus pour que certains puissent partir en retraite à 50 ans voire 55.
    Et il est évident que les syndicats s’inquiètent puisque leur principale manne cotisante vient du public… mais ils feraient mieux d’essayer de voir ce qu’il se passe dans le privé et être là aux bons moments et aux bons endroits ; des centaines d’entreprises délocalisent leur production chaque année. C’est cela qu’il faut empêcher… la privation d’emploi est bien plus importante que d’essayer de conserver une retraite à 50 ans… il me semble!

Réagissez à cet article