Comités Théodule : plus on en supprime, plus il s’en crée
Combien de « machins » accrochés à l’État comme des moules à un rocher breton ? « Le gouvernement a déjà supprimé à ce jour environ 200 commissions, atteignant ainsi l’objectif ambitieux fixé par le premier ministre en 2004 », se félicite-t-on à Bercy. Il en resterait donc environ 800.
Pourtant, pour connaître la liste exacte des commissions épurées, il faudra repasser. Le service de presse de Jean-François Copé accepte tout juste d’en citer cinq parmi lesquelles le Comité d’évaluation des risques volcaniques ou la Commission d’histoire du sport et de l’éducation physique en France pendant l’Occupation… Il était temps. Pour les 195 autres, la liste est introuvable. C’est sans doute pourquoi l’UMP s’est engagée dans son programme à « supprimer les observatoires, comités et conseils inutiles », le travail n’ayant visiblement pas été mené à son terme par l’actuel gouvernement. Des déclarations de bonnes intentions qui ne freinent en rien la « commissionnite aiguë » frappant le sommet de l’État depuis les origines de la Ve République. Ainsi Dominique de Villepin a institué, le 25 mars, un Observatoire de la laïcité chargé d’assister « le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité dans les services publics ». Au total, 21 membres pour cet ultime comité Théodule de la mandature, cadeau d’adieu du fougueux premier ministre au contribuable français. Plus on en supprime, plus il s’en crée. À tel point, que de hauts fonctionnaires qui ne manquent pas d’humour ont ouvert sur internet un « Observatoire des observatoires » répertoriant l’ensemble de ces comités, du tout récent Observatoire de la mondialisation au plus cocasse Observatoire des invertébrés… Devant ce tableau ubuesque, le gouvernement semble décider à réagir… prudemment. Un décret du 8 juin prévoit, en 2009, l’extinction automatique par mort naturelle des commissions dont l’utilité n’aura pas été explicitement établie. Quant aux nouvelles structures, leur création sera soumise à une étude préalable pour une durée de cinq ans renouvelable. Pendant que l’État français tourne autour du pot, nos voisins étrangers ont trouvé une solution plus simple et efficace : confier ces missions d’étude et de conseil à des think tanks indépendants. Moins de pensée unique, plus d’économies: cela ne semble pas intéresser Bercy.








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