Chérot, le plan Borloo !
Après la fracture sociale, voici le temps béni… de la cohésion sociale. Retrouvée, cette fois-ci ! Bien mauvais esprit celui qui en doute. L’ambition affichée est pour le moins à la hauteur de la facture à régler. Jugeons-en plutôt…
La première page de l’exposé des motifs du projet de loi de programmation pour la cohésion sociale, que le Sénat vient d’adopter en première lecture, commence par ces mots : « La France consacre à la protection sociale un effort financier particulièrement important, qui a plus que doublé au cours des vingt dernières années : près de 450 milliards d’euros chaque année, soit 30 % de sa richesse nationale. Au sein de l’Union européenne, seule la Suède connaît une proportion supérieure (31,2 %). Et pourtant, nos résultats sont inquiétants ».
Eh oui, parlons-en des résultats !
En quinze ans :
- le nombre d’allocataires du RMI est passé de 422 000 à 1 100 000 ;
- le nombre de familles surendettées supplémentaires est passé de 90 000 à 165 000 par an, pour atteindre 1 500 000 familles aujourd’hui ;
- le chômage des jeunes de seize à vingt-quatre ans dans les quartiers en zones urbaines sensibles est passé de 28 % à 50 % ;
- chaque année, plus de 80 000 enfants entrent en 6ème sans maîtriser les savoirs fondamentaux…
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Arrêterons-là cet inventaire à la Prévert de trophées désastreux, des auteurs plus inspirés ont décrit par le menu les affres de cette France qui tombe. Le béotien ne peut néanmoins s’empêcher de poser la question de simple bon sens : « Faut-il continuer dans cette voie ? ». Déverser des milliards d’argent public pour une fracture qui ne cesse de se creuser. Le mal ne serait-il pas dans le remède ? Partout, la planification a vécu. Sauf chez nous.
Là , c’en est trop. Non, ce n’est pas une question de raisonnement, mais de posture. De cette posture qui sied à merveille à notre valeureux Ministre, réparateur de tous les maux de la société. Il a du boulot le Borloo ! Mais il ne se paye pas que de mots. Malheureusement pour nous, pauvres contribuables, cet homme-là aime les euros. Et son ami Jacquot, qui en fait son nouveau héros, lui en a donné des tonneaux.
12,8 milliards d’euros sur cinq ans !
Voilà un beau cadeau.
Pas pour tout le monde. Il en est un qui ne goûte pas ce genre de plaisanterie : le Sénateur Philippe Marini, Rapporteur général de la Commission des Finances de la Haute Assemblée. En effet, à longueur de rapports, il n’a de cesse – et nous ne saurions que trop l’y encourager – de dénoncer le poids exorbitant de la dépense publique dans notre pays et des prélèvements obligatoires, lesquels ont encore augmenté de 14,4 milliards d’euros, l’an dernier.
A cause de Borloo, lui aussi, il va crouler sous le boulot.
Et nous tous, de ployer un peu plus sous le fardeau…







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