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Chèques-vacances : un vrai pot de confiture

Les chèques-vacances sont nés en 1982. L’idée de départ était de permettre aux personnes « défavorisées » de partir en vacances.

Le système fonctionne selon le même principe que les chèques-restaurant… sauf qu’au lieu de laisser faire les entreprises spécialisées (Accor, Ticket restaurant, etc.), l’État en a confié le monopole à un établissement public : l’Agence nationale des chèques vacances (ANCV).
Sept millions de personnes les utilisent. Des pauvres ? Non, des salariés dont le comité d’entreprise a les moyens de leur fournir. Ils peuvent s’offrir non seulement des prestations touristiques, mais aussi des hôtels et des restaurants. Comme le note la Cour des comptes, « la touristique initiale du chèque-vacances s’est progressivement diluée (…) il s’est transformé en chèque loisirs ». Les chèques-vacances font ainsi concurrence aux chèques-restaurant classiques qui, eux, ne bénéficient pas de l’appui de l’État.

Par ailleurs son exploitation, note la Cour, est « structurellement déficitaire », avec un manque annuel de 5 millions d’euros. Les quatre directeurs généraux qui se sont succédé entre 1999 et 2005 n’ont guère eu le temps de s’attaquer au problème… Autrement dit : ce sont les contribuables, entre autres ceux qui n’en bénéficient pas, qui soutiennent financièrement les vacances des salariés de grandes entreprises !

Plus grave, les sages de la rue Cambon ont découvert « des détournements, des falsifications et des vols perpétrés en interne ou par l’intermédiaire de fournisseurs de chèques-vacances ». En ce qui concerne les procédures d’achat, « les anomalies et les difficultés qui ont caractérisé certains marchés ont conduit à la mise en cause pénale des responsables de l’établissement pour prise illégale d’intérêt, faux et usage de faux ».
Aucune vraie mesure n’a été prise, depuis, pour mettre fin à cette situation. Qu’attend-on pour agir ?

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