Budget de l’Elysée. Le Président laisse passer l’occasion de réduire ses dépenses
Le budget de l’Elysée va être triplé ! Initialement fixé à 32,3 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2008, les députés ont adopté un amendement gouvernemental qui le porte à un peu plus de 100 millions d’euros, soit une augmentation de 68,5 millions d’euros. L’Elysée et le gouvernement font valoir qu’il s’agit d’un transfert.
Selon l’amendement, cette hausse servirait, en effet, « au fonctionnement et à la rémunération des personnels mis à la disposition de la présidence de la République et aujourd’hui pris en charge par différents ministères ». Cette remise à plat des comptes de l’Elysée, répondant à un souci de transparence, corrigerait enfin les abus dénoncé par le socialiste René Dosière dans un rapport sur les comptes de la présidence, dont les principales conclusions furent publiées sous le titre L’Argent caché de l’Elysée, aux éditions du Seuil.
Cette explication ne répond cependant pas à toutes les questions que les contribuables peuvent se poser. Sous la présidence de Jacques Chirac, les dépenses de l’Elysée ont cru d’une manière spectaculaire, passant de 3,53 millions d’euros en 1995, à 32,5 millions en 2006, soit une hausse de près de 798 % en 11 ans. Mais il ne s’agissait que du montant « officiel » des dépenses, qui représentait, selon René Dosière, un tiers des coûts réels. Il ne tenait pas compte, en effet, des dépenses prises en charge par les divers ministères, en particulier celles liées à la mise à disposition de l’Elysée de fonctionnaires détachés de ces mêmes ministères.
La réforme introduite par Nicolas Sarkozy a le mérite d’en finir avec cette opacité, et de réintégrer cette partie officieuse dans le budget officiel de la présidence, qui prendra désormais elle-même en charge les traitements des fonctionnaires détachés.
On peut regretter, en revanche, que le président de la République n’ait pas souhaité diminuer les dépenses de son palais, notamment en réduisant le nombre de ces fonctionnaires détachés. Après tout, la présidence parvenait fort bien à survivre, sans déroger à son rang, avant 1995. Et Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas lui-même prôné le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ? Il tenait là une belle occasion de prêcher l’exemple ; il l’a ratée.







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