Budget 2007. Maquillage et escamotage sont les deux ficelles des comptes publics
Budget de l’Etat et transparence n’ont jamais fait bon ménage. On vient d’en recevoir une nouvelle confirmation, avec la publication du déficit budgétaire pour l’année 2007.
A en croire le ministre du Budget, Eric Woerth, le déficit public s’établirait en 2007 à 38,4 millions d’euros, soit 600 millions de moins que l’an dernier. C’est peu. Mais ce chiffre est-il au moins crédible ?
Selon Le Figaro, Bercy a recouru à des « artifices » pour présenter un solde moins mauvais que celui de 2006. Ainsi EDF aurait été prié de verser à l’Etat, fin 2007, un acompte sur des dividendes qui auraient dû tomber en 2008. « Ce tour de passe-passe, écrit Anne Rovan dans Le Figaro, a permis à l’Etat d’engranger un milliard de recettes supplémentaires. »
Pratiqué par une entreprise privée, un tel tour de passe-passe s’apparenterait à de la « cavalerie » et tomberait sous le coup de la loi. Mais l’Etat s’autorise volontiers les entourloupes comptables qu’il interdit aux particuliers.
Le ministre du budget se prévaut également d’avoir respecté le plafond de dépenses voté par le Parlement. En omettant toutefois, souligne encore Le Figaro, que l’Etat a « oublié » de régler toutes ses dettes à la Sécurité sociale en 2007 : soit une « ardoise » de 4,2 milliards d’euros.
En prenant en compte ces dettes, conclut Anne Rovan, on arrive à un déficit de 41,6 milliards au lieu de 38,4 milliards d’euros.
Si l’on y ajoute l’acompte EDF, le « trou » serait même de 42,6 milliards d’euros : soit un déficit supérieur de 3,6 milliards à l’année 2006.
Eric Woerth n’en reste pas moins confiant et continue d’annoncer le retour à l’équilibre budgétaire en 2012…







Le retour à l’équilibre bugétaire est toujours reporté à x années plus tard. Et en 2012, s’il n’est pas réalisé, ce sera pour 2017 !