Recevez notre newsletter

Abonnez-vous, cliquez ici
Désabonnement, cliquez ici

Profil Facebook de Contribuables Associ�s

A quand un vrai guichet unique de l’emploi ?

La privatisation des opérations de reclassement révèle surtout les frictions entre ANPE et Unedic. L’accompagnement des chômeurs les plus en difficulté demeure notoirement insuffisant.

Le plan Borloo de janvier 2005 a, certes, acté la fin du monopole de l’ANPE ; dans les faits, la privatisation des actions de reclassement existe de longue date. Bilans de compétence, formation, coaching,… depuis plusieurs années déjà, l’ANPE fait appel à environ 4000 opérateurs privés. En 2002, écrit l’économiste Pierre Cahuc dans le n° 48 de Challenges, plus de deux tiers des actions de reclassement de l’ANPE étaient déjà effectués par des prestataires externes !

Ce qui a changé avec le plan Borloo, c’est la possibilité de faire appel à des opérateurs privés, rémunérés en fonction du retour en emploi des chômeurs qu’ils prennent en charge, et qui concurrencent l’ANPE.

En France, le reclassement des chômeurs pris en charge par Ingeus varie de 3 000 à 7 000 euros par personne, à peu près le même prix que dans d’autres pays européens. Pour l’ANPE, ce coût serait exorbitant. Or, selon l’Unedic, ce coût n’est pas élevé, comparé à celui de l’indemnisation du chômage, qui peut aller jusqu’au versement de 5 200 euros mensuels durant vingt-trois mois. La priorité de l’Unedic est en effet le reclassement des cadres, dont les indemnisations sont les plus élevées, au détriment des chômeurs de longue durée, peu qualifiés.

Cette privatisation révèle surtout les frictions entre l’ANPE et l’Unedic. Les deux organismes n’ont pas la même finalité. Le conflit porte notamment sur l’efficacité du privé, évidemment remise en cause par l’ANPE, tandis que l’Unedic est convaincue de la nécessité de la concurrence.

Une chose est sûre : la convention signée en mars entre l’Etat, l’ANPE et l’Unedic, qui tente de mettre en place un service unique, n’est pas opérationnelle et n’améliorera pas l’accompagnement des chômeurs les plus en difficulté. Il serait bon de créer un vrai guichet unique, de changer les règles d’intervention des opérateurs externes, d’instaurer des obligations de transparence et des procédures efficaces d’évaluation…

Aujourd’hui, le seul avantage tangible de cette ouverture à la concurrence est la pression que celle-ci exerce sur l’ANPE. L’Agence publique a bousculé ses méthodes et gagné en efficacité. C’est déjà ça. Mais pouvons-nous, avec encore presque 9 % de chômage, nous en contenter ?

2 commentaires pour “A quand un vrai guichet unique de l’emploi ?”

  1. Bonjour,
    Je trouverais presque votre article amusant, si vous n’essayiez pas de nous faire croire que vous êtes naïf : renseignez-vous et essayer de trouver combien de demandeurs d’emploi indemnisés par l’Assedic touchent en moyenne 5200 € mensuels pendant 23 mois. Ca voudrait dire qu’ils auraient eu un salaire mensuel brut de plus de 9200 € mensuel. Réfléchissez un peu !!! D’autant plus que 23 mois est la durée maximum d’indemnisation et que c’est loin de concerner la majorité des demandeurs d’emploi, surtout ceux qui sont en CDD ! Par pitié, ne vous basez pas que sur les chiffres de l’Unedic et enquêtez. Pour info, le coût moyen du suivi par l’ANPE, avec les mêmes taux de retour à l’emploi (et ça concerne aussi bien les demandeurs d’emploi non indemnisés), est de l’ordre de 700 à 800 € par personne …
    Cordialement

  2. Si les methodes ont changé pour travailler à l’anpe,c’est aussi au detriment de la sante des agents soumis à une pression invraissemblable de leur hierarchie.

    Seuls les chiffres semblent aujourd’hui compter et c’est à chaque fois pire à l’approche des elections.

    Nous avons aussi la pression des gens en graves difficultes à qui on nous demande de trouver une solution. Mais qui les licencient ? Mais qui decide de les reembaucher au smic ? Qui est face à eux quand ils sont prets à toute extremité ? Qui doit s’interposer quand ils veulent passer un coup de fil et s’agressent entre eux ?

    Le problème en france vient d’un manque de controle sur le travail au noir.

    Le second problème est que les employeurs veulent payer les salaries le moins cher possible! mais avec un maximum de compétences ! Le problème du batiment et de l’hotellerie restauration vient bien de la ! Quand un metier ne paie plus, on le quitte ! C’etait à prévoir !

    Quand aux agents, ils font ce qu’ils peuvent pour aider leurs demandeurs d’emploi ! Comme devoir aller prospecter les entreprises en autobus, maintenant, pour faire des economies à une hierarchie qui ne le ferait surement pas et sur une demi journée par semaine ! A midi moins le quart il faut être revenue car il y a encore la permanence à tenir !

    Croyez-vous qu’en vingt minutes seulement, on peut resoudre les problèmes des gens ? Etquand vous arrivez à faire venir le demandeur d’emploi,c’est votre hiérarchie qui vous tombe dessus en vous reprochant de faire venir des demandeurs à l’agence !Un comble !

    Finalement, il y a un ras le bol partout : Pourquoi laisse-t-on aussi les societes de voir partir à l’étranger aussi facilement !?

    Voila pour vous donner une idée plus exacte des conditions de travail auxquels les agents sont soumis, monsieur.

    Marie51

Réagissez à cet article

Vous devez être identifié pour publier un commentaire.