La Cour des Comptes casse la CCASS

Publié le 09/06/2011

Les comités d’entreprises CGT des électriciens gaziers volent les clients

CCAS : Caisse Centrale des Activités Sociales. Elle gère « dans un but social » les fonds recueillis par les comités d’entreprise d’EDF et de GDF-Suez. 4.800 salariés (une grosse affaire), 652.000 adhérents dont chacun aura reçu en moyenne 1.850 euros d’avantages divers au cours de l’année 2010.

La Cour des Comptes, une nouvelle fois, a épinglé la CCAS, et Le Figaro-Economie (lundi 23 mai) a consacré une page entière à l’affaire. La Cour n’est pas tendre pour la CCAS, car elle fait le rapprochement avec l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie. Comment EDF et GDF pourraient-elles satisfaire aux exigences de la compétitivité avec une telle ponction des syndicats sur le chiffre d’affaires ? On sait par exemple que sur la facture de l’électricité le client français paie 1% pour le comité d’entreprise. Sous la pression de la concurrence, on a beau vouloir faire des efforts pour supprimer cet abus, rien n’y fait. Car la CCAS fait bien des heureux : elle organise des voyages, des centres de vacances, et cela l’a d’ailleurs amenée, en toute illégalité, à acquérir le capital de la Compagnie Internationale André Trigano (CIAT) : 82 millions d’euros pour une entreprise qui a 15 millions de déficit. Au total c’est plus de 60 millions d’euros de pertes sur un budget de 710 millions que la CCAS a accumulés en 2010. « Un financement à la fois opaque, mal appliqué et inadapté à l’organisation du marché de l’énergie depuis l’ouverture de ce dernier à la concurrence », conclut la Cour.

Qui paye ? Les clients, avons-nous dit, puisque 710 millions viennent de votre facture de courant. Mais aussi les contribuables, puisque c’est l’Etat qui va combler le déficit – jusqu’à ce que Bruxelles s’en émeuve. Les contribuables, c’est encore vous.

Il semblerait d’ailleurs que le mépris du client et de la concurrence aille encore plus loin dans les milieux branchés : on cite des incidents de plus en plus nombreux où EDF refuse de rembourser aux abonnés les facturations erronées. Certains reçoivent des notes d’électricité de plusieurs milliers d’euros !

Mais ne dérivons-nous pas vers l’ultra-libéralisme ? C’est ce que soutient le président (CGT) de la CCAS : la cour a une « conception ultra-libérale…c’est une inféodation à la loi du marché » alors que les pratiques actuelles sont vertueusement parmi « les acquis des luttes des électriciens et des gaziers ». Le Président Jean Pierre Crémona a démissionné il y a dix jours…

Article extrait du site Libres.org