DETTE DE LA FRANCE

DETTE PAR HABITANT

Le 27/11/2008

Dépenses publiques : l’OCDE met les États en garde

Face à une récession historique, l'OCDE appelle les États à cibler leurs dépenses. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a mis en garde, mardi 25 novembre 2008, les gouvernements de ses pays membres contre des plans de relance trop dispendieux qui feraient la part belle aux aides sectorielles, notamment dans l'automobile.

L’avertissement sur les finances publiques vise surtout les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Irlande et la France. Le déficit budgétaire français se dégradera fortement en 2009, à 3,7 %, du PIB, bien au-delà des 3 % autorisés.

Dans un souci de saine gestion de la dette et des comptes publics, l’OCDE aurait préféré que la relance se concentre dans les pays à excédents budgétaires, comme l’Allemagne, ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui. Les pays qui dépensent le plus sont plutôt ceux qui n’en ont pas les moyens.

«La relance budgétaire n’est acceptable que si elle intervient à point nommé, si elle reste ciblée et temporaire, et si elle intervient dans les pays où la récession est la plus forte, et la marge budgétaire la plus importante», résume Klaus Schmidt-Hebbel, le chef économiste de l’OCDE.

En outre, l’OCDE déconseille le soutien à l’industrie, ou à des secteurs particuliers, comme l’automobile. L’OCDE redoute qu’une aide à une industrie particulière n’ouvre la boîte de Pandore et n’oblige les États à soutenir tous les secteurs touchés par la récession. «Si un constructeur fait faillite, les acheteurs iront voir la concurrence : il n’y a pas là d’effet de contagion»

En tout état de cause, ces temps de crise financière, doivent conduire plus que jamais les États à se pencher sur leur gestion et à mener une politique d’austérité budgétaire.

Tous les pays qui ont réussi à augmenter leur taux de croissance et à réduire leur taux de chômage ont commencé par lancer une politique de baisse des dépenses publiques.
Une étude de la Banque centrale européenne l’a, une fois de plus, prouvé en 2005 : les onze pays développés qui avaient le plus accru leur taux d’emploi avaient en moyenne baissé leurs dépenses publiques de 10,3 % de leur production (PIB). Ces pays (Irlande, Finlande, Suède, Canada, Pays-Bas, Norvège, Danemark, Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre) ont, en baissant leurs dépenses publiques et leurs impôts, allégé leurs entreprises d’un boulet qui les freinait, et redonné du dynamisme à leur économie.

Notre pays a fait tout le contraire. L’État français n’a pas fait baisser ses dépenses : depuis 1980, les dépenses publiques sont passées de 45,5 % à 53,6 % du PIB, et le nombre de fonctionnaires s’est accru d’un million. Résultat, les Français ont vu baisser leur revenu par tête. La France est passée, entre 1982 et 2004, du 9e au 17e rang des pays de l’OCDE pour le PIB par habitant.

Les Français ont pris la mesure du problème : les déficits publics sont leur souci n° 1. Ils sont 66 %  à mettre « la poursuite de la réduction des déficits publics » en tête des priorités du gouvernement, selon un sondage Ifop-Valeurs Actuelles de mars 2008. Nos compatriotes ont compris les enjeux. Les élus restent à la traîne, daigneront-ils entendre enfin le cri des contribuables ?

Cet article est taggé dans: ,

1 réaction.



Poster votre réaction