TVA sociale : non à un nouvel impôt !

Publié le 18/06/2007

En annonçant à la veille des élections législatives l’instauration d’une TVA sociale, le gouvernement de François Fillon a commis une maladresse qui lui a coûté cher. Le recul du vote UMP a clairement traduit l’exaspération des contribuables. Ceux-ci n’attendent pas du nouveau gouvernement qu’il augmente les impôts, mais qu’il réduise les dépenses publiques !

La TVA sociale peut-elle représenter une solution au déficit de la Sécurité sociale ? Le principe de cette nouvelle taxe prévoit de financer l’insatiable Sécu en remplaçant les cotisations patronales maladie par une augmentation de la TVA. Cet allègement de charges devrait rendre les entreprises françaises plus compétitives face à leurs concurrentes étrangères et avoir un effet bénéfique sur les exportations, ce qui favoriserait l’embauche et réduirait le chômage.

Pour le consommateur, nous affirme-t-on, l’opération sera à peu près neutre, puisque les entreprises, dont les prix de revient auront baissé, répercuteront cette baisse sur leurs prix de vente. Mais dans quelle mesure joueront-elles le jeu ? On ne peut que le conjecturer. En revanche, il existe deux évidences : la première, c’est que les produits aujourd’hui taxés à 19,6 % le seraient à hauteur de 24,6 %. Et la deuxième, que le prix des produits importés, donc pas concernés par les allègements de charge, augmenterait bel et bien de 5 %. Les contribuables ressentiraient donc durement le coût de la TVA sociale. Les bénéfices de la nouvelle taxe sont probables ; mais ses effets douloureux, certains.
A la veille du deuxième tour des législatives, cette idée est apparue aux socialistes, sévèrement étrillés au premier tour, comme une bouée de sauvetage à laquelle ils se sont raccrochés pour critiquer le nouveau gouvernement formé par François Fillon. Celui-ci, gêné par cette polémique allumée au moment le plus inopportun, a promis que la hausse de la TVA – jusqu’à 5 points – n’interviendrait pas avant 2009.
 
Aujourd’hui, en effet, du point de vue des contribuables, aucune augmentation supplémentaire de la pression fiscale ne peut se justifier, dût-elle être compensée par une baisse des prix. La France est déjà –faut-il le rappeler ? – l’un des pays européens où le niveau des prélèvements obligatoires est le plus haut.
Le budget de la Sécurité sociale y est beaucoup plus élevé que celui de l’Etat (373,7 milliards d’euros contre 266 milliards en 2006) et son déficit s’est pourtant élevé à près de 9 milliards d’euros l’an dernier.

Un impôt avait été spécialement créé pour l’endiguer en 1990 : la Contribution sociale généralisée (CSG). Son rendement a progressé, de 6,2 milliards d’euros en 1992, à 71,7 milliards d’euros en 2005 (en hausse de 7,3 % par rapport à 2004). En vain.

Faut-il continuer à remplir indéfiniment le tonneau des Danaïdes, sans tenter d’en boucher les trous ? Les Français n’accepteront pas de payer de nouvelles taxes si le gouvernement ne commence pas par apurer la gestion de la Sécurité sociale, en coupant dans ses dépenses de fonctionnement et en remédiant aux abus en tout genre qui grèvent son faramineux budget.