Recevez notre newsletter

Désabonnement, cliquez ici

Education nationale : la “décharge” coûte 28 000 postes d’enseignants

tribune extraite du site libres.org

Nous ne voulons pas dire qu’il faut mettre à la décharge publique 28.000 enseignants, et faire des économies en supprimant leurs postes. Mais on n’en est pas loin : de quoi s’agit-il ?

Les enseignants peuvent bénéficier de « décharges de service » et les heures ainsi déchargées représentent un équivalent du temps de travail (ETP) de 28.000 professeurs. On peut s’interroger non seulement sur le coût élevé de ces libéralités, mais aussi sur leur principe.

Un rapport d’audit réalisé par les inspections de l’Education Nationale et des Finances permet d’y voir plus clair dans cette affaire, et le ministère a dû répondre - en des termes d’une prudence extrême, on s’en doute – qu’il pouvait être « souhaitable » que la mise en œuvre de « certaines pistes d’évolution » des décharges de service des personnels enseignants fasse « assez rapidement » l’objet « de discussions avec les syndicats ». Pour l’instant, précise Le Figaro qui traite du dossier, lesdits syndicats n’ont pas encore été contactés. Le « rapidement » n’est donc pas trop pressé. Peur des réactions syndicales sans doute.

Le rapport considère comme « peu justifiés ou obsolètes » plusieurs types de décharges dont le total correspondrait à 12 000 postes à plein temps. Mais, selon l’enquête révélée par l’Agence Education Formation Emploi, les décharges des enseignants du seul secondaire représentent l’équivalent du temps de travail (ETP) de 28 000 professeurs, soit 6% du potentiel enseignant, pour un coût de 1,65 milliards d’euros. De quoi faire de belles économies !

Observons pour commencer que les décharges syndicales (l’équivalent de 1 435 postes à temps plein) ne sont pas concernées par cet audit. Or ce sont parmi les plus contestables : pourquoi donnerait-on du temps à des syndicalistes professionnels pour aller défiler contre la politique du gouvernement ou pour faire de l’agitation ? Bien entendu, le sujet est sacré et l’audit ne s’y est pas attaqué, mais ici nous n’avons pas peur des vaches sacrées, fussent-elles syndicales.

Revenons aux seules décharges critiquées par les rapports officiels. Il y a d’abord celles de première chaire (6 500 postes à temps plein) attribuées aux enseignants du second degré effectuant au moins six heures d’enseignement hebdomadaire en première et terminale. Selon Le Figaro, « une partie des heures d’enseignement est payée en heures supplémentaires afin de tenir compte d’une surcharge de travail lors de l’année du bac (examens blancs, corrections de copies, etc.). Cette pratique date des années 50, lorsque le bac était l’examen roi réservé à une élite ». Dans le système actuel, rien ne justifie plus cet avantage financier.

Que dire maintenant des heures de décharge pour l’animation d’associations sportives, alors que près de 800 établissements ont un nombre de licenciés insuffisant ou nul ? Que penser de la sur pondération des heures d’enseignements dans les sections de techniciens supérieurs dans lesquels une heure d’enseignement équivaut à une heure et quart ! Et cela avec un dispositif ne tenant pas compte de la durée réelle d’enseignement compte tenu des périodes de stages.

Comment admettre les heures de « cabinet » ou de « laboratoire » « qui correspondaient autrefois au temps que l’enseignant passait à ranger des cartes de géographie, des documents pédagogiques ou à entretenir le matériel de laboratoire. Aujourd’hui, des personnels spécialisés sont affectés à ces tâches dans les établissements ». Toutes ces décharges sont considérées comme obsolètes par le rapport et pourraient faire l’objet d’utilisations plus opportunes. Selon nous, cela pourrait surtout être l’occasion de belles économies.

Comme toujours dans ce type de rapport, émanant du sérail, c’est-à-dire de l’administration elle-même (et non d’un audit privé), le diagnostic est bon, quoique timide, mais les solutions ne sont pas à la hauteur. Il est question de plafonner les décharges à hauteur de la moitié de l’obligation réglementaire de service des enseignants concernés. Nous aurions proposé de mettre fin tout simplement au système des décharges, qui, dans la plupart des cas, n’ont plus de justifications actuelles et sont en fait des compléments de salaires.

Il sera intéressant de voir quelle suite notre courageux gouvernement entend donner à ce qui est un gaspillage scandaleux. Gageons que les syndicats, que l’on va consulter « assez rapidement » vont difficilement accepter de rogner les privilèges de leurs membres et de renoncer à leurs avantages acquis. Il y a des économies budgétaires tabous.
tribune extraite du site libres.org

Un commentaire pour “Education nationale : la “décharge” coûte 28 000 postes d’enseignants”

  1. Tout ceci est hélas vrai,mais que pouvons nous faire, lorsque le moindre début du commencemment d’une réforme pointe son nez, des hordes manipulées descendent dans la rue.Depuis 30 ans tous les gouvernements “cèdent à la pression de la rue”.On se demande ainsi à quoi servent que nous élisions (à grands frais et en grand nombre ) des députés,des sénateurs…enfin l’ensemble des quelques 600 000 élus en FRance (un record mondial).La gouvernance par la rue est la négation de la démocratie.Pendant ce temps notre pays s’enfonce et surtout laisse à nos enfants un bien lourd fardeau

Réagissez à cet article