CES SYNDICATS QUI SONT NOS MAITRES

Publié le 23/02/2006

Par Gabriel Onesto,
ancien président de Contribuables Associés

Plus les syndicats nous confisquent d’argent et plus ils nous asservissent. On les appelle les « partenaires sociaux ». Rien n’est entrepris sans eux. Lorsque q’un gouvernement fait mine d’adopter une réforme qui les indispose, le pays entier est puni. On ne compte plus le nombre de ministres congédiés sous leur pression. Une simple grève des transports immobilise la France et les Français.
Pourtant, les syndicats représentent à peine 8 % des actifs, et seulement 6 % des salariés du secteur privé. Ces chiffres ne justifient évidemment pas leur pouvoir aussi exorbitant qu’illégitime, qui nous prive de nos droits fondamentaux.

Impôts, déficit public, subventions et réforme de l’Etat
A l’instar des partis politiques, les syndicats sont financés avec l’argent public. Les cotisations de leurs adhérents, qui, théoriquement, devraient représenter leur unique ressource, sont insignifiantes et ne suffisent manifestement pas à couvrir leurs (énormes) besoins. Sur le plan juridique ils jouissent de passe-droits injustifiés. Par un privilège abusif et exclusif, ils ne sont pas tenus de rendre compte de leur financement, de leur gestion, ni de l’usage qu’ils font des deniers publics. Les lois en vigueur renforcent donc leur pouvoir et leurs avantages.

Les fonctionnaires sont au dessus de la Constitution
Le SNUI, tout puissant syndicat des impôts et membre fondateur de l’association d’extrême gauche ATTAC, est-il dans son rôle lorsqu’il prend des positions politiques, par exemple en dénonçant des politiques de baisse d’impôts (pourtant si rares), voire une réduction d’impôts de vingt malheureux euros pour les contribuables qui déclarent leurs revenus sur le Net ?
Est-il dans son droit, lorsqu’il décide, par-dessus la tête des ministres et des parlementaires, des techniques et des règles applicables en matière de prélèvements obligatoires, lorsqu’il impose ses vues au gouvernement – on se rappelle la façon dont il eut « la peau » du socialiste Christian Sautter, qui souhaitait réformer l’administration fiscale – et lorsqu’il organise l’irresponsabilité des fonctionnaires ?
De même, le Syndicat de la Magistrature est-il dans son rôle, lorsqu’il conteste des projets de loi comme l’instauration de la carte d’identité biologique, ou dénonce l’état d’urgence quand le pays est en feu ? Est-il dans son droit lorsqu’il outrepasse l’obligation de réserve à laquelle sont astreints les magistrats ? Evidemment non !

L’usager est pris en otage par les fonctionnaires
Etymologiquement, le terme « syndicat » vient du grec syn pour « ensemble » et du latin dicare pour « dire »… et non pas dictare, pour dicter ! En soit, le syndicalisme est une bonne chose. Il est bien naturel que chacun adhère au règlement quotidien d’un sort qu’il partage avec d’autres personnes. C’est d’ailleurs la synthèse des définitions proposées par plusieurs dictionnaires.
Mais est-il légitime, en revanche, que des organisations de fonctionnaires disposent de nos destins, au lieu de s’occuper de leurs propres affaires : cantine, vestiaires ou autres… ? De quel titre peuvent-ils se prévaloir, pour nous représenter sans avoir été mandatés pour cela ? Et pour nous imposer leur dictat en organisant des grèves, qui sont en outre votées à mains levées, de manière fort peu démocratique !?

Le combat contre le déficit de l’Etat, discontinu depuis 1974, la résorption de la dette publique et le retour à l’équilibre budgétaire, implique une profonde réforme. Mais rien ne pourra se faire tant que ne sera pas réalisée celle du syndicalisme et de sa représentativité.