Hold-up de la Banque de France sur les caisses de retraite
« Article extrait du Cri du Contribuable numéro 8 en vente chez votre marchand de journaux »
Les banquiers savent manier l’argent, c’est leur métier. Faut-il donc s’étonner que le personnel de la Banque de France soit, de tous nos compatriotes, le mieux servi en matière de retraites ? En cette matière, l’association Sauvegarde Retraites a récemment fait le point de leurs « avantages acquis ».
La mission de la Banque de France a beau avoir perdu beaucoup de son importance avec le passage à l’euro – la monnaie communautaire échappant au contrôle de l’Etat français – les fonctionnaires qui travaillent pour elle n’ont, en revanche, abdiqué aucun de leurs privilèges.
Ils continuent donc à s’octroyer un complément de retraite totalement financé par l’employeur et équivalant à 40 % de la retraite de base sans avoir à cotiser pour cela le moindre centime. «Résultat, souligne Sauvegarde Retraites, chacun des 15 000 retraités de la Banque de France reçoit en moyenne 25 063 euros de pension annuelle contre 13 510 euros, complémentaire incluse, pour les salariés du privé. Presque deux fois plus. »
Qui dit mieux ?
« Pleins aux as, poursuit l’association, les agents de la Banque de France sont les seuls en France à jouir d’un régime de retraite qui fonctionne à 100 % par capitalisation. En clair, les cotisations des actifs sont placées et les intérêts servent à payer les pensions des retraités », contrairement à ce qui se produit dans le cadre du régime par répartition – de règle dans le privé et auquel nos gouvernants demeurent, paraît-il, profondément attachés, comme le rappelait Thierry Breton présentant début décembre le rapport Péberau…
Au reste, ni les bénéfices que ses pensionnés tirent de la capitalisation, ni les énormes réserves qu’elle possède n’empêchent la Banque de France de piller allègrement les autres caisses de retraite, qui fonctionnent quant à elles par répartition et sont « le plus souvent déficitaires, voire au bord de la faillite, à cause du choc démographique » !
Le Cri du Contribuable numéro 8, en vente chez votre marchand de journaux

Bonjour,
Inutile de polémiquer… mieux vaut sans doute que je m’attache, très briévement, à éclairer la vérité.
Sachez tout d’abord que la caisse de retraite de la Banque de France date de 1808 et cette antériorité est a l’origine de particularismes, existant avant la construction d’un régime général.
Avec inexactitude, vous évoquez deux spécificités : la capitalisation et le complément spécifique de retraite.
Le système par capitalisation, dont j’ignore s’il est à tel point une exception, a été, en tout cas, une sage précaution. En effet, il permet de prévenir les déséquilibres entre les rentrées de cotisations et le montant des pensions à verser (comme c’est le cas pour le régime général aujourd’hui) Ainsi, il autofinance partiellement ce système sans peser sur les comptes de la collectivité. Je précise,en outre, qu’il ne repose pas sur la logique spéculative des fonds de pensions à l’anglo-saxonne. Aussi, contrairement à vos affirmations (que l’éthique conviendrait de démentir) la Banque de France ne ponctionne en rien les autres caisses de retraite. Ce n’est, au contraire, que s’il était mis fin au régime spécifique que la collectivité devrait supporter les engagements de retraite pris envers les agents de la Banque de France. Une telle opération se solderait, à court terme, par un petit bénéfice pour le ministère des finances et une lourde charge à long terme pour la CNAV….
Quant au complément spécifique de retraite celui ci date de….1812. Il est, en fait,le précurseur des complémentaires de retraite, qui à l’extérieur sont aussi abondé par l’employeur. Il correspond à une majoration de 13%- et non 40% – de la retraite de base. De plus, dans le cadre de la réforme en cours du système de retraite de la banque, il sera aussi financé par les cotisations salariales à compté du 1/1/2007. Passons enfin sur le montant de pension que vous évoquez et qui comblerait d’aise les agents d’exécution de la BDF …
Voici donc des éclaircissements rapides, dont vous pourrez peut-être faire usage. Pour ma part je suis bien sûr preneur d’éclaircissements sur votre analyse et ses fondements.
Avec mes salutations.
Patrick Macaire