« Le contribuable se rebiffe », et pas seulement sur www.contribuables.org !

Publié le 22/07/2005

Retour sur le rapport Mariton concernant la fiscalité locale rendu public le 12 juillet, pour lequel Contribuables Associés a été auditionné le 21 avril 2005.

Le titre du rapport de la Commission d’Enquête de l’Assemblée Nationale sur la fiscalité locale a le mérite d’être clair : le contribuable se rebiffe, même à l’Assemblée Nationale ! Ce qui n’a pas été sans faire grincer les dents des responsables de cette « rebiffade », à savoir les exécutifs socialistes locaux.

Tout commence début 2005, lors de l’annonce choc des évolutions de la fiscalité locale. Cette dernière augmente en moyenne de 21% dans les régions, et au même moment, la pression fiscale moyenne dans les départements augmente de 4%. 21% en moyenne, mais 80% au maximum, pour la région Languedoc-Roussillon dans laquelle sévit Georges Frêche. Les budgets locaux explosent, avec une augmentation de 14% pour les dépenses de fonctionnement, et de 11% pour les dépenses d’investissement.

Le grand perdant, comme d’habitude, se nomme « contribuable », et se trouve justement au cÅ“ur du rapport Mariton : « Les compétences sont éclatées. La qualité des services est mal évaluée. On n’en parle jamais. Les financements sont dispersés et l’on décide d’autant plus volontiers que d’autres paieront. L’autre, c’est le contribuable. Et le contribuable, ménage ou entreprise, paie pour une France sur-administrée et sous-organisée. »

Le rapport parlementaire sur la fiscalité locale prend, en effet, le contre-pied des explications avancées par les exécutifs socialistes afin de justifier les augmentations exorbitantes des impôts locaux. Pour ses rédacteurs, celles-ci ne sont pas liées à la décentralisation mal compensée par l’Etat, mais à une mauvaise gestion des régions, et aux choix économiques et politiques des élus. Le rapport dénonce une augmentation spectaculaire des frais généraux et des dépenses de personnel, ainsi qu’une intervention croissante des collectivités en dehors de leurs compétences (sport, culture, environnement).

Les exécutifs socialistes ont cru se déresponsabiliser en anticipant la décentralisation et les transferts de recettes soi-disant trop peu importants décidés par l’Etat, caractéristiques selon eux d’un désengagement de Paris.

Or, à titre d’exemple, la hausse de la fiscalité directe en région PACA, qui correspond à une recette supplémentaire de 77 millions d’euros, ne saurait s’expliquer par les compétences transférées en 2005 qui représentent une charge d’environ 23 millions d’euros pour la région ! Surtout, les régions omettent de préciser que les compétences transférées en 2005 font l’objet d’une compensation intégrale d’un même montant.

Il n’y avait donc pas de fatalité à la hausse des taux, et les exécutifs locaux doivent en assumer la responsabilité politique, d’autant que la dette des collectivités locales pourrait mettre en péril les efforts de la nation vers une réduction de la dette publique.

Le rapport sur la fiscalité locale présente quatre pistes de réformes afin de mettre fin à ce dérapage des impôts locaux intolérable pour le contribuable : un processus de décentralisation plus confiant, un système fiscal local plus responsable, un pilotage global des finances locales, ainsi qu’une obligation de performance.

Il ne reste donc plus qu’à espérer que ces propositions puissent être mises en œuvre, et que la révolte du contribuable soit entendue.

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Retrouvez l’intégralité du rapport sur le site de l’Assemblée nationale

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